LES POEMES DE LA LANGUE FRANCAISE

Les poètes français / Les plus beaux poèmes.

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Extraits


  • Dans le silencieux automne
    D'un jour mol et soyeux,
    Je t'écoute en fermant les yeux,
    [...]

    Dans le silencieux automnePaul-Jean TOULET



  • La grosse anguille est dans sa phase
    Torpide : le soleil s’embrase.
    [...]

    La grosse anguilleMaurice ROLLINAT

  • Les Chinois voient l’heure dans l’œil des chats. Un jour, un missionnaire, se promenant dans la banlieue de Nankin, s’aperçut qu’il avait oublié sa montre, et demanda à un petit garçon quelle heure il était. Le gamin du Céleste Empire hésita d’abord ; puis, se ravisant, il répondit : « Je vais vous le dire. » Peu d’instants après, il reparut, tenant dans ses bars un fort gros chat, et le regardant, comme on dit, dans le blanc des yeux, il affirma, sans hésiter : « Il n’est pas encore tout à fait midi. » Ce qui était vrai.
    Pour moi, si je me penche vers la belle Féline, la si bien nommée, qui est à la fois l’honneur de son sexe, l’orgueil de mon cœur et le parfum de mon esprit, que ce soit la nuit, que ce soit le jour, dans la pleine lumière ou dans l’ombre opaque, au fond de ses yeux adorables je vois toujours l’heure distinctement, toujours la même, une heure vaste, solennelle, grande comme l’espace, sans division de minutes ni de secondes, une heure immobile qui n’est pas marquée sur les horloges, et cependant légère comme un soupir, rapide comme un coup d’œil.
    Et si quelque importun venait me déranger pendant que mon regard repose sur ce délicieux cadran, si quelque génie malhonnête et intolérant, quelque démon du contretemps venait me dire : « Que regardes-tu avec tant de soin ? Que cherches-tu dans les yeux de cet être ? Y vois-tu l’heure, mortel prodigue et fainéant ? » Je répondrais sans hésiter : « Oui, je vois l’heure : il est l’Eternité ! »
    N’est-ce pas, Madame, que voici un madrigal vraiment méritoire, et aussi emphatique que vous-même ?
    [...]

    L’horlogeCharles BAUDELAIRE

  • Nature, rien de toi ne m'émeut, ni les champs
    Nourriciers, ni l'écho vermeil des pastorales
    Siciliennes, ni les pompes aurorales,
    Ni la solennité dolente des couchants.
    [...]

    L'angoissePaul VERLAINE

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