Sonnet à Ménine

Ménine aux yeux dorés, au poil doux, gris et fin,
La charmante Ménine, unique en son espèce ;
Ménine, les amours d’une illustre duchesse
Et dont plus d’un mortel enviait le destin.

Ménine qui jamais ne connut le Ménin,
Et qui fut de son temps des chattes de Lucrèce
Chatte pour tout le monde, et pour les chats tigresse :
Au milieu de ses jours en a trouvé la fin.

Que lui sert, maintenant, que dédaigneuse et fière
Jamais d’aucun matou, sur aucune gouttière,
Elle n’ait écouté les amoureux regrets ?

La Parque étend ses droits sur tout ce qui respire
Et de ne rien aimer tout le fruit qu’on retire,
C’est une triste vie, et puis la mort après.