L'aube de la Lune

Regarde la naissance ardente de la lune,
Ô Stulcas ! C'est un coeur qui répand sur les eaux
Le sang d'une aube horrible au sommet des roseaux
Où Syrinx va gémir à sa triste fortune

Les ombres des palmiers s'éveillent,et chacune
Traîne deux fils de flamme à ses obscurs fuseaux,
Et les crins du centaure et l'aile des oiseaux
Se haussent, alourdis d'une pourpre importune.

Le bruit des palmes doux comme la pluie en mer
Verse une onde altérée à la ferveur de l'air;
Tout ruisselle et se perd goutte à goutte...Respire,

Stulcas, la lune est pure et sur le ciel plus clair
Notre bouc irrité par le vol du vampire
Se cabre dans l'orgueil d'échapper à la nuit