La grange

Accueillante est la grange aux rêveurs! les vieux murs
Suintent d’anciens soleils qui lentement se fanent
Parmi le gerbier roux d’où leurs parfums s’émanent
Et meurent indécis au bleu des clairs-obscurs.

A pas de loup, craintifs, rôdent dans l’ombre floue,
Sur l’aire de velours des rayons émoussés;
Et l’instant qu’on respire est déjà du passé
Qui coule en frissons doux, comme l’eau sous la roue.

Calme de la nuit pend au long des noirs chevrons,
Plane et trame sa paix, de cendres imprégnée,
A travers le vitrail des toiles d’araignée,
Dont un rais de soleil fait trembler les fleurons.