Fleurs des morts

Ô Chrysanthèmes, fleurs d’or,
fleurissez les pauvres morts ;
chrysanthèmes, fleurissez
pour les pauvres trépassés…
Mais, sous la terre enfermés,
ils ne connaîtront jamais
vos pétales embaumés(*) :
dans leurs tristes monuments,
las ! Ils verront seulement
vos racines : c’est pourquoi,
sentimental, à part moi,
je songe, ô vivants pieux,
que peut-être il vaudrait mieux
planter sous les cyprès verts
les fleurs des morts à l’envers !
 
 
 
 
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* Il est bon de faire observer que les chrysanthèmes sentent plutôt mauvais. (Note de l’Auteur)