Pour S.A.R. mademoiselle d'Alençon

Ne serons-nous jamais affranchis des alarmes ?
Six étés n'ont pas vu la paix dans ces climats,
Et déjà le démon qui préside aux combats
Recommence à forger l'instrument de nos larmes.

Opposez-vous, Olympe, à la fureur des armes ;
Faites parler l'Amour, et ne permettez pas
Qu'on décide sans lui du sort de tant d’États :
Souffrez que votre hymen interpose ses charmes.

C'est le plus digne prix dont on puisse acheter
Ce bien qui ne saurait aux mortels trop coûter :
Je sais qu'il nous faudra vous perdre en récompense.

Un souverain bonheur pour l'empire françois.
Ce serait cette paix avec votre présence ;
Mais le ciel ne fait pas tous ses dons à la fois.