Le vent qui vente est à ma porte
Qui pleure, comme une âme morte,
Il geint : « Ouvrez, pour l’amour de Dieu !
Je vois chez vous lueur de feu,
Je voudrais me chauffer un peu ! »
Alors j’ai dit à la servante :
« Annick, ouvrez au vent qui vente. »
Et le vent qui vente est entré,
Et, devant l’âtre vénéré,
Doucement il a soupiré.
Avec des bonds de chien folâtre,
La flamme a sursauté dans l’âtre
« Salut ! A dit le foyer clair,
(Car le foyer parle en hiver)
Salut au pauvre vent de mer ! »
Le vent, assis sur l’escabelle,
A répondu de sa voix belle :
« Langue de feu, chère aux humains,
Lèche les pieds, lèche les mains
Du vagabond des grands chemins. »
À la claire flamme vivante
S’est réchauffé le vent qui vente,
S’est réchauffé le vent errant
Qui toujours va courant, courant,
Si maigre qu’il est transparent.